Poesía francesa: Valérie Rouzeau



Leemos poesía francesa. Leemos, Audomaro Hidalgo, la poesía de Valérie Rouzeau (Bourgogne, 1967). Vive en Nevers. Ha traducido a Sylvia Plath, Ted Hughes, William Carlos Williams, Stephen Romer, Pascale Petit. Ha publicado Va où  (Temps Qu’il Fait, 2002), Vrouz (La Table Ronde, 2012), que obtuvo el Premio de Poesía «Guillaume Apollinaire», Télescopages (Musée de confluences/éditions invenit, 2014). Sus poemas han sido traducidos al inglés, alemán, esloveno, noruego. Sens averse (La Table Ronde, 2018) obtuvo el Premio «Méditerranée» 2019. Los siguientes poemas pertenecen al libro Pas revoir. Agradecemos a la editorial La Table Ronde el habernos permitido la traducción.

 

 

 

 

 

Où mon père, derrière le nuage au-dessus de la grue qui monte haut des charges à construire un gratte-ciel ?
Où, dans le murmure des arbres et des gens passant sous les arbres et recevant parfois sur la main une goutte d´eau ?
Où, sur le toit de la maison avec les tourterelles et la poupée chiffon irrattrapable ?
Où, à la balançoire qui se balance toute seule en frôlant le chiendent ?
Ou c´est tout ouh trop haut dans ton état ouh ouh mon père.

 

 

 

 
¿Dónde mi padre, detrás de la nube arriba de la grúa que levanta materiales en lo alto para construir un rascacielos?
¿Dónde, en el murmullo del follaje y de las personas que pasan bajo los árboles y reciben a veces une gota de agua en la mano?
¿Dónde, en el techo de la casa con las tórtolas y la muñeca trapo irreparable?
¿Dónde, en el columpio que se balancea solo rozando la maleza?
¿O es todo oh demasiado alto en tus condiciones oh oh mi padre?

 

 

 

La neige a ses réves qu´elle ignore de tant tomber de ciel sur nous.
C´est une proche on peut l´appeler Neige la tutoyer très vite.
Mais un salut par amen d´elle et dire Flocon à chaque fois !
Flocon tu fonds sur le cœur de mon père, Flocon tu brûles à son front…
Beau neige voix blanche.

 

 

 

 
La nieve desconoce sus sueños de tanto caer del cielo sobre nosotros.
Es una pariente podemos llamarla Nieve tutearla enseguida.
¡Pero saludo por amén de ella y decir Copo cada vez!
Copo te fundes en el corazón de mi padre; en su frente ardes, Copo.
Bello nieve voz blanca.

 

 

 

 

Nous n´irons plus aux champignons le brouillard a tout mangé les chèvres blanches et nos paniers.
Nous n´irons pas non plus dans les cités énormes qui sont des baleines grises très bien organisées où nos cœurs se perdraient.
Ni au cinéma ni au cirque, ni au café-concert ni aux courses cyclistes.
Nous n´irons pas nous n´irons plus pas plus que nous n´irons que nous ne rirons pas que nous ne rirons plus que nous ne rirons ronds.

 

 

 

 

Ya no iremos a recoger setas la niebla se comió todo las cabras blancas y nuestras cestas.
Tampoco iremos a las ciudades enormes que son ballenas grises muy bien organizadas en donde nuestros corazones se perderían.
Ni al cine ni al circo, ni al café-concierto ni a las carreras de bicicletas.
No iremos ya no iremos no más no iremos no reiremos ya no reiremos no reiremos ebrios.

 

 

 

 

Je ne porte pas spécialement d´habits noirs parce que tu n´es plus visible.
Je peux penser à toi en bleu des jours entiers.
Te trouver des fleurs qui sortent de l´ordinaire des vases assez beaux assez lourds.
C´est difficile de t´offrir quelque chose, c´a toujours été.
L´autre fois j´ai mis mes deux pieds dans tes grandes bottes vides et ton chien est venu avec moi.
Il pleuvait et je nageais dedans, tu avais dû garder les cailloux dans tes poches.
Et l´autre fois encore je ne t´ai pas porté spécialement de bouquet.

 

 

 

 
No me visto especialmente de luto porque ya no eres visible.
Puedo pensar en ti en azul días enteros.
Encontrarte flores extraordinarias floreros lo suficientemente hermosos y pesados.
Es difícil regalarte algo, siempre lo fue.
La otra vez me puse tus grandes botas vacías y me siguió tu perro.
Llovía y yo nadaba dentro, tú debiste guardar las piedras en tus bolsillos.
Y la otra vez no te llevé especialmente un ramo de flores.

 

 

 

 

Ton fauteuil pèse autant qu´il peut son poids de chose lourde et noire.
Appuie par terre son gros derrière son cœur aussi bien.
D´être là vide que veille ton chien.
A tendre les bras deux fois vains où tu ne t´essuies plus les joues.
Quand on entre il est dans son coin il s´assombrit encore.
Crapaud il exploserait dans l´eau trouble des flaques que le chien va lécher.
Quand on sort il n´a pas bougé.

 

 

 

Tu sillón pesa tanto como puede su peso de cosa pesada y negra.
Apoyado en el suelo su gran trasero también su corazón.
Por estar ahí vacío tu perro sigue en vela.
Estira los brazos dos veces vanos donde ya no te limpias las mejillas.
Cuando uno entra sigue en su rincón todavía oscureciéndose.
Sapo él explotaría en el agua turbia de los charcos que el perro va a lamer.
Cuando salimos no se ha movido.

 

 

 

 

Ça fait deux facile mon père et moi facile.
Je compte sur lui pour tomber d´accord avec moi.
Des nuages nous passent au-dessus, des crapauds chantent au loin leur chant bien plus beau qu´eux.
Mon père ne dit mot nous sommes tous les deux mais je suis la seule à avoir le vent dans les cheveux et lui est le seul à ne pas ouvrir les yeux.
Et je lui montre du doigt d´où vient le chant gonflé vachement des crapauds mais il connaît la fable.
Des nuages nous passent au-dessus le temps, à moi surtout qui les compte tant.
Mon père ne dit rien nous sommes différents mon père et moi là sommes deux en plan.

 

 

 

 
Son dos fáciles mi padre y yo fácil.
Cuento con él para caer de acuerdo conmigo.
Nubes que pasan por encima de nosotros, sapos que cantan a lo lejos su canto más hermoso que ellos.
Mi padre no dice palabra estamos los dos pero soy la única en sentir el viento en los cabellos y él el único en no abrir los ojos.
Y le indico con el dedo de dónde el canto inflado de los sapos pero él conoce la fábula.
Nubes que pasan por encima de nosotros con el tiempo, por encima de mí que las cuenta tanto.
Mi padre no dice nada somos diferentes mi padre y yo ahí somos dos en la estacada.

 

 

 

 

J´ai mis mes chaussures de marcheuse celles-là que je t´avais montrées aux semelles en vieux pneus rechapés.
Pompes pèlerines moi j´ai pèreliné jusqu´à toi des pétales se collent à leur cuir comme preuves de ma pensée en route.
Je sais que tu en as de bonnes toi aussi à tes pieds tout froids je le sais mieux que toi et ça t´avance à quoi.
Je voulais te saluer vider le sable éternellement dans mes souliers pour être ta marchande un peu mais tu as trop fermé les yeux.

 

 

 

 

Me puse mis zapatos de caminante los que te mostré con suela de vieja goma recauchada.
Zapatos peregrinos yo peregriné hasta ti unos pétalos se pegan a su cuero como pruebas de mi pensamiento en marcha.
Sé que tienes también unos buenos en tus pies fríos lo sé mejor que tú pero adónde te lleva.
Quería saludarte volcar la arena por siempre en mis zapatos para ser un poco tu caminante pero cerraste demasiado los ojos.

 

 

 

 

J´amène des fleurs.
Elles retiennent toutes les couleurs elles ont de beaux noms de jeunes filles.
Elles sauront rester plantées là des jours entiers.
Maintenant je m´en vais.
Tu avais de beaux yeux mon père mais j´ai à voir ailleurs.
Tu as mes fleurs j´ai ton sourire on est quittes.

 

 

 

          

Llevo flores.
Conservan todos los colores tienen bellos nombres de muchachas.
Sabrán quedarse plantadas ahí días enteros.
Ahora me voy.
Tenías ojos hermosos mi padre pero tengo que ver en otro lado.
Tienes mis flores tengo tu sonrisa estamos a mano.